On s'émerveillait il y a un peu plus de cinq ans de l'apparition dans le milieu médical de la Pillcam. L'actuelle version de cette capsule oblongue, que l'on avale comme une simple gélule, est en passe d'être surpassée, ou tout du moins améliorée dans son principe de fonctionnement.
En effet, si cette micro-caméra permet de visualiser l'intérieur du système digestif, elle le fait de façon trop rapide. Tout simplement parce que, sous les effets de la pesanteur et de son poids, elle se retrouve très vite projetée dans le fond de l'estomac. Le praticien n'a alors qu'un aperçu trop sommaire de l'intérieur du patient. La Pillcam s'avère en fait plus adaptée pour des examens de l'intestin, où sa progression est plus lente jusqu'à son expulsion par les voies naturelles.
Avec la nouvelle option développée sur cette caméra par une équipe internationale, le médecin effectue un examen à son rythme. C'est lui qui intervient sur la vitesse de la caméra. Et ce, grâce à une sorte de télécommande magnétique de la taille d'une barre de chocolat, qu'il passe sur le corps du patient examiné. Un procédé qui rappelle en quelque sorte ce que l'on a tous expérimenté un jour : le déplacement d'un objet via un aimant situé sous une feuille de papier.
Au-delà de la prouesse technique, le dispositif permet d'ausculter le système digestif dans les moindres recoins. « A l'avenir, les médecins seront en mesure de stopper l'appareil dans l'½sophage, de le déplacer de haut en bas et de le faire pivoter, et donc d'ajuster l'angle de la caméra selon les besoins », explique le professeur Frank Volke, responsable du projet à l'institut allemand Fraunhofer.
De quoi déceler des cas de cancer de l'½sophage plus tôt d'après les chercheurs, qui ont eux-mêmes testé la nouvelle caméra. De quoi aussi en finir avec le très indigeste endoscope utilisé actuellement par les spécialistes.

